15/04/2019

L’objectif du programme intra-ACP de l’AMCC+ est de renforcer les capacités des pays ACP pour leur permettre d’être plus résilients au changement climatique, d’atténuer ses effets et de s’adapter à l’échelle nationale et régionale. Ce programme aide également la région et les pays ACP à atteindre les objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU dans le contexte du changement climatique. Le programme est une initiative de 70 millions d’euros menée par le groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Il est financé par le 11e Fonds européen de développement (FED). Sur ce total, une enveloppe de 65 millions d’euros est allouée aux régions et un montant supplémentaire de 4,5 millions d’euros est destiné à l’appui institutionnel, y compris au secrétariat ACP et à la facilité d’appui au climat du programme intra-ACP de l’AMCC+.

Dr Maro

Pendo Maro, cheffe d’équipe du programme intra-ACP de l’AMCC+, nous donne un aperçu du programme, de ses objectifs et de son budget, ainsi que des progrès réalisés à ce jour, et nous explique comment accroître et transposer à plus grande échelle les réussites dans les régions et les pays ACP :

Vous êtes assistante technique de l’Alliance mondiale de lutte contre le changement climatique+ (AMCC+), un programme qui soutient les mesures prises par les pays ACP pour lutter contre le changement climatique, un des défis rencontrés par ce groupe de pays. Pouvez-vous nous en dire plus sur le programme, ses objectifs et son budget ?

Oui, c’est exact. Je suis la cheffe d’équipe de ce programme qui aide les membres du groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) à lutter contre le changement climatique. Le Groupe des États ACP constitue l’un des plus grands groupes de pays en développement. Il se compose de 79 États membres : des petits États insulaires en développement, des pays les moins avancés et des pays en développement sans littoral. Tous ces pays sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique. Nous facilitons le dialogue politique en vue des négociations mondiales sur le climat, en conférant une forte influence collective au groupe ACP. Nous aidons également ces pays à devenir plus résilients aux effets du changement climatique. Nous les aidons à s’adapter. Les objectifs de développement durable (ODD) nous servent de cadre directeur. Le changement climatique menace de réduire à néant les progrès accomplis dans la réalisation de ces objectifs. Compte tenu de la nature de notre programme, nous mettons l’accent sur l’ODD 13 (lutte contre les changements climatiques et leurs répercussions). Cependant, nous ne nous contentons pas d’intervenir dans le domaine climatique, nous couvrons également d’autres questions liées au genre, à la pauvreté et à la faim. S’agissant des finances, notre programme doté de 70 millions d’euros est financé par le 11e Fonds européen de développement (FED). Sur ce total, une enveloppe de 65 millions d’euros est allouée aux régions et un montant supplémentaire de 4,5 millions d’euros est destiné à l’appui institutionnel, y compris au secrétariat ACP et à la facilité d’appui au climat du programme intra-ACP de l’AMCC+.

Quels sont les critères d’éligibilité pour bénéficier du soutien de l’AMMC ?

Notre mécanisme d’appui au climat apporte essentiellement une assistance technique aux gouvernements, aux organisations régionales, aux universités, aux instituts de recherche, aux organisations de la société civile, etc. Nous proposons une panoplie de services, tels que des études de faisabilité, des conseils techniques et des formations. Pour en savoir plus, consultez : https://intraacpgccaplus.org/the-technical-assistance/#csf.

Quels sont vos programmes et quels sont, selon vous, les progrès les plus significatifs réalisés à ce jour ?

Je dirais que notre plus grande force réside dans la diversité de nos membres. Le changement climatique affecte les trois régions dans lesquelles nous travaillons : l’Afrique, les Caraïbes, ainsi que la région du Pacifique. Notre réseau nous offre donc une occasion précieuse d’apprendre, d’échanger et de discuter de nouvelles idées. Lorsque nous apportons une assistance technique à un membre, nous essayons de veiller à ce que les autres membres puissent également en tirer des enseignements. Les pays se heurtent à des problèmes très similaires, même s’ils se situent à des milliers de kilomètres de distance, avec quelques nuances sous-régionales spécifiques. Ces derniers mois, notre priorité a été d’aider les pays ACP à mettre en œuvre l’accord de Paris. Nous avons récemment publié une analyse des contributions déterminées au niveau national (CDN) dans les régions ACP. Pour en savoir plus, consultez notre site Internet : www.intraacpgccaplus.org.

De quoi auriez-vous besoin pour accroître et transposer à plus grande échelle les réussites dans les régions et les pays ACP ?

Certes, le financement pose toujours problème. Mais si nous voulons transposer efficacement les réussites, les régions devront coopérer davantage entre elles. Une collaboration inter et intra-ACP plus étroite permettrait aux pays ACP de mieux tirer les leçons de leurs expériences positives mutuelles en matière de lutte contre les effets du changement climatique, tout en bénéficiant, entre autres, de l’expertise des différents pays et régions. Nous favorisons le dialogue et la coopération sur le changement climatique entre ces trois régions éloignées les unes des autres et nous espérons que cette approche nous permettra d’observer les résultats réels de notre travail. De nombreux pays ACP réalisent de grands progrès dans la lutte contre le changement climatique et s’emploient à renforcer leur résilience. Ils sont les meilleurs ambassadeurs de la lutte contre le changement climatique. Et si nous pouvons les aider à diffuser plus largement leurs réussites, alors je dirais que nous avons accompli une grande partie de notre mission.

BIOGRAPHIE

Dr Pendo Maro est cheffe d’équipe du Programme intra-ACP de l’AMCC+ depuis 6 ans. Elle a joué un rôle de premier plan dans la formulation de conseils techniques sur le changement climatique, ainsi que sur les politiques et activités connexes auprès du Secrétariat ACP. Ancienne chercheuse à l’université et experte technique sur un large éventail de questions au sein d’organisations publiques et privées, Dr Maro jouit d’une solide expérience en matière de changement climatique, ainsi que de politiques et processus environnementaux. Elle a également travaillé en tant que consultante internationale, notamment auprès du Secrétariat ACP, de la Commission européenne et de l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ). Elle a obtenu plusieurs diplômes universitaires : un baccalauréat en biologie et chimie à l’université nationale du Lesotho, une maîtrise en gestion de l’environnement à l’université de l’État-Libre en Afrique du Sud, et un doctorat en changement climatique et politiques environnementales à la Vrije Universiteit Brussel (VUB) en Belgique.