Triple impôt pour les migrants

M. Ken Ndiaye, socio-anthropologue et entrepreneur, a été le dernier orateur à prendre la parole lors du 8ème Briefing de Bruxelles du développement. Il a enrichi le débat avec un point de vue personnel sur la vie de migrants en Belgique, en faisant valoir qu’ils sont accablés par une triple taxe. Il a réussi à combler l’écart entre le domicile et le pays hôte avec son restaurant « L’Horloge du Sud » et son propre label SAFSAP pour les produits du Sud, fruits de l’agriculture écologique et du commerce équitable.

M. Ndiaye a rappelé qu’il faut être prudent lorsque l’on parle de « migrants comme instruments de développement». Personnellement, il a souvent fait l’expérience d’être approché pour soutenir des événements de « charité de façon gratuite », du moment que cela signifie aider son peuple ». « Mais de quoi devrais-je vivre, si je ne suis jamais payé? », a-t-il demandé. Selon M. Ndiaye, ce genre d’incident reflète l’avis général des communautés de migrants ou de la Diaspora.

Toutefois, les migrants doivent d’abord remplir leur principale et plus importante tâche, à savoir l’intégration dans le nouveau pays d’accueil. Si nous sommes réalistes, la plupart des migrants ne feront pas retour au pays, mais se marieront, élèveront des enfants, et s’établiront de façon permanente dans le pays d’accueil. Pour ce faire, il existe de nombreuses lois à connaître et des milliers de choses à apprendre pour gérer la vie quotidienne.

M. Ndiaye a fait valoir que les migrants ont à payer un triple impôt:

  1. Etant de nouveaux citoyens du pays hôte, ils doivent payer les taxes officielles au gouvernement, comme tout autre citoyen.
  2. Tous les migrants sont confrontés aux expectatives de leurs familles et des amis de leur pays d’origine afin qu’ils leur fournissent un soutien financier.
  3. En tant que membre de la diaspora dans le pays d’accueil, le migrant est constamment confronté à l’attente de ses concitoyens d’être un « bon migrant », ce qui signifie faire tout son possible pour recueillir des fonds et promouvoir la sensibilisation au développement du pays d’origine. En tant qu’activité bénévole, bien entendu.

M. Ndiaye a trouvé un moyen de se considérer un citoyen actif favorisant les relations Nord-Sud, réduisant l’écart entre son pays hôte, la Belgique, et son pays d’origine, le Sénégal. Depuis onze ans, il dirige le restaurant « L’Horloge du Sud » à Bruxelles, qui entend promouvoir des produits et la culture du Sud, en particulier d’Afrique. Il vend également des produits fabriqués à partir de la fleur d’hibiscus, tels que les jus de fruits, la confiture ou l’extrait concentré sous sa propre étiquette SAFSAP. Ces produits proviennent des pays du Sud, sont cultivées organiquement et négociés équitablement.

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En savoir plus sur le Briefing du 11 décembre 2008.

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