Comment réagir face à la crise alimentaire ?

Intervenant dans la partie conclusive du 7ème Briefing de Bruxelles sur le développement sur la flambée des prix alimentaires, le professeur Eric Tollens (Université catholique de Louvain) a souligné que cette crise représente un signal d’alarme urgent. L’approvisionnement agricole a une faible élasticité en termes de prix : an opportunity for change?’en d’autres termes, les augmentations de prix importantes ne portent qu`à une faible augmentation de la production. Les gouvernements doivent plus que jamais jouer un rôle majeur afin de stimuler la production agricole, saisissant l’occasion présente.

La plupart des gouvernements des pays en développement ne consacrent environ que 4% de leurs budgets à l’agriculture, et beaucoup, comme le Congo, seulement environ 1%. Néanmoins, consacrer 10% du budget total est une condition sine qua non pour vraiment développer le secteur agricole, ce que le Malawi est en train de faire. L’agriculture est l’épine dorsale de la plupart des pays en développement, et il est essentiel que ces derniers cessent d’être des importateurs nets de denrées alimentaires.

Luca Alinovi (FAO) a souligné le fait que le niveau élevé des prix des denrées alimentaires n’est autre qu’un symptôme d’un problème structurel que connaissent des millions de personnes sous-alimentées. D’une part, les pays industrialisés ont à se demander de quelle manière ils sont engagés, la plupart d’entre eux continuant à ne pas dépenser, selon leurs engagements, le 0,7% de leur PIB en faveur de l’aide au développement. D’autre part, les pays en développement ont à se demander s’ils croient vraiment dans l’agriculture, car ils investissent des pourcentages très limités de leurs budgets à ce secteur.

(interview en anglais)

M. Alinovi a fait valoir que le binôme bien-connu « marché libre contre protectionnisme » ne décrit pas correctement la situation. La solution se trouve entre les deux termes : des mesures de protectionnisme ont parfois des effets néfastes sur l’économie, alors que dans d’autres cas la libéralisation est le choix moins adapté.

De son côté, le Directeur du CTA, Dr. Hansjörg Neun, a soulevé certains points qui n’ont pas été examinés. Tout d’abord, il a souligné l’énorme potentiel d’une politique d’irrigation plus importante pour étendre le potentiel de l’agriculture dans de nombreux pays en développement. an opportunity for change?’Deuxièmement, puisque les pertes après récolte peuvent être importantes, une stratégie efficace pour accroître la sécurité alimentaire devrait également encourager le stockage des cultures au niveau de la ferme. Troisièmement, la diversification de l’approvisionnement des cultures pourrait être une stratégie prometteuse : nous dépendons en effet actuellement de seulement cinq cultures vivrières de base. Enfin, le Dr Neun est revenu sur la question de l’emploi des nouvelles technologies, qui pourrait ne pas toujours être la meilleure solution pour les petits agriculteurs, qui pourraient peut-être plutôt se pencher sur le compostage, le biogaz ou sur d’autres techniques ne nécessitant pas d’intrants extérieurs élevés, souvent eux-mêmes affectés par la hausse des prix.

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En savoir plus sur le Briefing du 16 octobre 2008.

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