Remise en cause de l’actuel modèle de développement

M. Ndiougou Fall, Président du ROPPA (Réseau des Organisations paysannes et de Producteurs de l’Afrique de l’Ouest), a présenté aux participants du sixième Briefing de Bruxelles sur le développement le point de vue d’une organisation de producteurs sur la question des nouveaux acteurs dans le développement rural ACP.

Comme l’a reconnu M. Riera, les «énormes difficultés» auxquelles les pays en développement sont confrontés laissent beaucoup d’occasions aux nouveaux acteurs d’apporter leurs contributions. Toutefois, M. Fall estime que ces nouvelles possibilités apportent aussi de nouvelles questions : quelles sont les capacités de ces nouveaux acteurs ? Ont-ils suffisamment d’expérience et les connaissances nécessaires pour intervenir efficacement dans l’agriculture et le développement rural ? Et quelles sont les valeurs qu’ils peuvent apporter ? Peuvent-ils réellement apporter un changement ?

Pour M. Fall, ce sont donc là les questions importantes qui doivent être affrontées. Mais ce qui est encore plus important, c’est d’entreprendre une lucide analyse systémique et de réformer l’actuel modèle de développement qui a été fortement touché par la mondialisation et la libéralisation dans beaucoup de régions, et dont les migrations et la dégradation des ressources naturelles sont des conséquences irréversibles. De nombreuses institutions ont joué un rôle dans le maintien de ce système. Le temps de la réforme et d’un réexamen approfondi du mode de fonctionnement est venu.

Si de nouveaux acteurs se manifestent, nous devons d’abord nous poser ces questions, reconnaissant que le système ne fonctionne pas, procéder à une analyse systémique et trouver des solutions. Les nouveaux acteurs seront-ils en mesure d’évaluer la situation et d’agir différemment ? L’Afrique, en particulier, est au centre de cette crise, et si l’analyse systématique sera insuffisante, selon M. Fall, il existe un risque concret que nous allions répéter les mêmes erreurs que dans le passé.

Dans ce contexte, il a donné son opinion sur la situation africaine et a mis en évidence ce dont les pays en développement ont réellement besoin. En particulier, il a plaidé pour davantage d’incitants pour la production ; pour des politiques de régulation, l’intégration régionale, le renforcement des investissements dans les infrastructures et la mise en œuvre d’une forme de gouvernance mondiale avec une coordination et une cohérence à l’échelle régionale et nationale.

M. Fall a conclu en indiquant que l’aide est une discipline qui se doit d’encourager des politiques de développement aux niveaux national et régional, et que les responsabilités de l’aide devraient passer des bailleurs de fonds aux bénéficiaires ; les organisations d’agriculteurs, en particulier, devraient être en mesure de jouer un rôle plus important dans l’architecture de l’aide.

En savoir plus sur le Briefing du 2 juillet

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