Commerce Equitable ou « food miles »?

Lors de son intervention au Briefing de Bruxelles sur le Développement, Mme Natalie Berg (PlanetRetail) a mis en lumière la façon dont les revendeurs, les supermarchés et les fabricants affrontent la question du Commerce Equitable. Les consommateurs sont encore confus: le débat sur les ‘food miles‘ met par exemple à risque le succès du Commerce Equitable dans le secteur de l’épicerie.

Le marché global des produits issus du Commerce Equitable augmente de 40% par an. Les ventes de Commerce Equitable croissent en Autriche de 63%, en Belgique de 86%, en Irlande de 77% et en Suède de 73%. En outre, le Royaume-Uni, la Suisse et la France ont eu les meilleures ventes en 2006. En réponse à la demande des consommateurs, les distributeurs augmentent constamment l’offre de produits du Commerce Equitable, surtout à travers des labels et des marques privés. Certains supermarchés ont même converti leur entière production en produits du Commerce Equitable, comme par exemple Sainsbury’s avec les bananes et le sucre, Co-op avec les boissons chaudes et Marks & Spencer avec le sucre dans les confitures et les conserves. En 2006, Lidl a lance en Allemagne un réseau de produits Commerce Equitable sous la marque ‘Fairglobe’, perçue toutefois par certains comme un diversif.

Il n’y a toutefois pas que les supermarchés à devenir ‘plus équitables’ ; McDonalds, Dunkin Donuts et Starbucks offrent chacun des produits Commerce Equitable. Les fabricants aussi sont concernés: Tate & Lyle convertira 100% de sa vente au détail au Commerce Equitable d’ici 2009, ce qui représentera le plus important passage vers le Commerce Equitable au Royaume-Uni.

Un défi important encore à relever reste celui d’éduquer et informer les consommateurs. Beaucoup sont ceux qui pensent qu’une action individuelle ne fait pas la différence. D’autres sont confus: “qu’est-ce qui est meilleur? le Commerce Equitable ou les produits locaux? Biologique ou équitable?”

(video en anglais)

Le débat sur les food miles a pour conséquence une augmentation de la demande de produits locaux, qui pourrait devenir une menace, considérant les cargaisons aériennes des produits du Commerce Equitable. Les quantités de CO2 produits durant le transport vers le Royaume-Uni pourraient faire désister les consommateurs de l’achat de produits provenant de pays lointains et transportés sur de longues distances. Tesco développe actuellement une façon de mesurer la production de CO2 de tous ses produits, et d’autres sociétés testent de semblables mécanismes afin de mesurer l’énergie utilisée durant le cycle de vie complet du produit. Ainsi le consommateur est plus informé que jamais. “Mais l’information ne deviendrait-elle pas alors excessive?”, a demandé Mme Berg.

Liens: présentation, résumé exécutif, entretien (en anglais)

En savoir plus sur le Briefing du 16 avril

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