Les petits producteurs face au REDD

Prenant la parole lors du 4ème Briefing de Bruxelles sur le développement, Leo Peskett (ODI) a présenté le mécanisme ‘Reduce Emissions from Deforestation and Degradation’ (Réduction d’émissions issues de la déforestation et de la dégradation tropicale, REDD). REDD offre un important potentiel pour préserver l’environnement et le développement, bien qu’il ne garantisse pas que les petits producteurs bénéficient des ressources financières.

Près de 20% des émissions de gaz carbonique proviennent de la déforestation et de la dégradation tropicale. Ceci a incité les Nations Unies à prendre en considération un nouveau mécanisme de compensation des paiements aux pays tropicaux afin de les encourager à conserver leurs eaux de pluie. Selon ce plan, les pays en développement devraient réduire la déforestation et la dégradation tropicale à travers des politiques et des mesures concrètes come l’intensification de l’agriculture ou la gestion durable de forêts en échange de paiements provenant des pays industrialisés. REDD pourrait apporter de nouveaux flux financiers significatifs en faveur des pays en développement, entre 2,2 et 13,5 milliards de dollars par an selon une estimation.

Toutefois, REDD est un programme politiquement complexe. Tout comme le Clean Development Mechanism (CDM), il peut être considéré d’une part comme une excuse de la part des pays en développement de ne pas réduire leurs émissions dans leurs propres pays, d’autre part comme une façon de ‘compenser’ les pays avec de faibles performances environnementales.

M. Peskett a souligné les bénéfices de ce mécanisme pour les petits producteurs ruraux, demandant comment les flux financiers peuvent être réellement acheminés vers les petits producteurs et non bloqués par les élites.

(video en anglais)

Bien que les petits producteurs puissent potentiellement bénéficier de paiements financiers directs et indirects en termes de croissance, REDD présente quelques faiblesses, tout comme le CDM. Les complexes accords institutionnels, les hauts coûts de transaction et l’asymétrie de l’information pourraient mettre les petits producteurs sur un plan de désavantage. En outre, les investisseurs ont la tendance à financer uniquement les terrains où les droits des terres sont bien définis. Ainsi il y a peu de probabilité que les régions plus pauvres et instables puissent profiter réellement des projets REDD.

En conclusion, M. Peskett a affirmé qu’il faut défendre le processus qui favorise l’accès des petits producteurs ruraux aux fonds auxquels ils ont droit, «ce qui inclut un support juridique et financier ». De cette manière, REDD pourra réellement être ‘en faveur des pauvres’ et changer l’économie politique du secteur forestier dans les pays en développement.
Voir la présentation.

Liens:

Résumé exécutif
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En savoir plus sur le Briefing du 13 février

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