Des fonds plus importants pour soutenir le commerce


Glenys Kinnock

Écouter l’interview

Mme Glenys Kinnock, Membre du Parlement européen et co-présidente de l’Assemblée Parlementaire Paritaire ACP-UE, lors de son intervention à l’occasion du troisième Briefing sur le Développement à Bruxelles a introduit “une note de réalisme” et des bases substantielles pour le débat.

Selon Mme Kinnock, il est évident que le commerce représente un potentiel déterminant pour l’économie des pays en développement et leur conséquente intégration dans le système économique global. La croissance économique est cruciale pour la réduction de la pauvreté et pour atteindre les Objectifs du Millénaire. Toutefois, la majorité des pays en voie de développement doivent faire face à des contraintes économiques; à Doha un engagement clair a été pris afin de faire face à ces obstacles par le biais de l’assistance aux pays en développement.

Alors que l’UE s’est engagée à destiner 2 milliards d’Euro par an à partir de 2010 pour l’aide au commerce, pour Mme Kinnock ceci est purement et simplement “inadéquat”. Des fonds plus importants sont nécessaires pour une action de reconstruction et pout créer des infrastructures. Rien que pour les infrastructures, la Commission africaine estime nécessaire une somme de 20 milliards par an. Il est aussi important de rendre transparent la provenance de ces fonds et de s’assurer que les nouveaux fonds soient additionnels par rapport à tout autre fond déjà existant. Actuellement, le financement pour l’aide au commerce provient de l’Assistance Publique au Développement, et les pays du G8 sont sur la voie d’échouer par rapport à leurs promesses de 2005.

Tout aussi important, selon Mme Kinnock, est la question de la définition des priorités selon les besoins des pays. Il est fondamental de définir ce que prévoient les objectifs des programmes additionnels et les concrétiser selon les défis spécifiques auquel chaque pays doit faire face. Pour des pays comme le Ghana et le Malawi, par exemple, l’assistance technique et l’accès au crédit sont deux aspects prioritaires. Toutefois, les donateurs définissent souvent des priorités différentes quand il s’agit d’affronter la question de l’aide au commerce. Il est important de mettre en place des mécanismes pour des consultations plus amples et efficaces afin d’identifier de façon claire quels éléments spécifiques doivent être pris en considération.

Mme Kinnock a aussi mentionné les négociations relatives aux Accords de Partenariat Economique, leur processus et leurs probables conséquences. Elle a cité la récente Déclaration de Kigali, à l’occasion de l’APP ACP-UE, plaidant pour une attention majeure vers les femmes dans les négociations APE, et interrogeant l’UE sur l’absence de plans de redressement pour compenser les effets négatifs que la signature des APE auront pour les pays ACP. Comme également souligné par le FMI, il est évident que les APE seront un choc pour de nombreuses économies ; pour citer un exemple, le Sénégal probablement perdra environ 10% de ses revenus.

En conclusion, pour Mme Kinnock, l’UE doit prendre en considération des dispositions budgétaires, définir d’où les fonds proviennent et quelles pourraient être les alternatives si les APE n’étaient pas signés. Uniquement en mettant davantage de fonds sur la table il sera possible d’éviter que le “système se brise ”, discréditant gravement le cycle de Doha et l’action de l’Union européenne.

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