Le défi climatique pour l’agriculture ACP – Réactions du public

février 29, 2008

Quelles ont été les réactions des participants au Briefing? Nous avons recueilli certains témoignages.

M. Barry Faure, Ambassadeur des Seychelles auprès de l’Union Européenne, a parlé de la menace représentée par le changement climatique dans son pays. Les modifications environnementales se manifestent dans des périodes de sécheresse excessive qui affectent déjà les producteurs, leurs cultures ainsi que leurs bétails. Les Seychelles ont d’ores et déjà donné une très haute priorité à l’environnement, qui est mentionné dans la constitution. Le briefing a été très utile pour développer de bons contacts qui aideront dans la recherche de méthodes pour faire face au changement climatique.

(video en anglais)

M. Hervé Leonard (SOS Faim) a souligné que les petits producteurs en Afrique sont pour la plupart exclus des flux financiers. En cette période de fortes préoccupations environnementales, il est très important de serrer les liens entre le commerce, l’agriculture et les politiques environnementales, afin de garantir non seulement la sécurité alimentaire, mais aussi la souveraineté alimentaire en Afrique.

Mme Isolina Boto (CTA) a souligné la qualité des discussions. Les pays ACP doivent faire face à trois défis principaux : négociations commerciales, marchés du carbone et technologie. Mme Boto a souligné l’importante participation des diverses parties prenantes. Les pays ACP ont été très bien représentés par différents groupes d’intérêt et de nombreux ambassadeurs. La Commission européenne a également été très présente, avec des représentants de la DG Développement ainsi que de la DG Commerce et de la DG Recherche. La participation des organisations de producteurs ainsi que de nombreuses ONG est aussi un élément très positif.

(video en anglais)

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Biocarburants: malédiction ou bénédiction?

février 29, 2008

Les discussions et commentaires durant les débats qui suivent les panels sont souvent importants tout comme les présentations des experts. Il est désormais clair que les avis sur les biocarburants sont très partagés. Cela n’est pas surprenant du moment qu’il s’agit d’une question qui réunit d’un côté les actions de mitigation du changement climatique de la part des pays industrialisés et de l’autre les efforts de développement des pays pauvres, deux faces d’une même médaille souvent liées, mais aussi souvent contradictoires.

M. Josep Borrell (Président de la commission du développement du Parlement européen) a souligné que sur ce thème il est crucial de renforcer l’échange et la diffusion d’informations et augmenter la prise de conscience envers les conséquences que subissent les plus démunis [voir l’interview - en anglais]

M. Moustapha Kamal Gueye (ICTSD) effectue actuellement des recherches sur l’utilisation de la cassave comme biocarburant en Afrique de l’Ouest. Son analyse se base sur un profil régional plutôt que sur une approche globale afin de comprendre réellement les effets des biocarburants sur le développement rural. Ses conclusions vont dans les sens que les biocarburants ne représentent pas uniquement une stratégie destinée à faciliter la transition vers des systèmes d’énergies viables. Nous devons voir dans ce contexte de réforme agricole une nouvelle source de revenus pour les agricultures pauvres et de relance pour le développent des communautés rurales. Avant de donner un jugement définitif sur les biocarburants, il est essentiel d’approfondir la recherche dans un cadre plus ample.

(video en anglais)

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Engagement et communication pour faire face aux défis du changement climatique

février 18, 2008

Un thème récurrent dans les interventions conclusives des orateurs a été celui de comment mieux informer toutes les différentes parties prenantes.

M. Ishmael Sunga (SACAU), M. Chris Addison (Euforic) et Mme Oumy Ndiaye (CTA) ont conclu le 4ème Briefing de Bruxelles sur le développement. Tous ont souligné le manque de participation des producteurs locaux dans les débats, l’importance de diffuser l’information et la connaissance et de mettre en place des stratégies de communication efficaces adaptées à la réalité locale.

M. Sunga a critiqué le fait que les opinions des producteurs ne sont pas prises en considération à juste titre lors des discussions politiques. L’information doit être reconsidérée afin de diffuser les voix de la politique au niveau local. “Comment transformer des discussions abstraites en quelque chose de facile à comprendre ?”, a demandé M. Sunga. En conséquence de ce manque de compréhension, de connaissance et d’appréciation des développements actuels, les producteurs n’ont pas la possibilité de participer activement aux débats et aux prises de décision. Les biocarburants et le changement climatique sont deux exemples d’un processus crucial de prise de décision où justement les producteurs sont impliqués à un stade trop avancé dans les discussions.

(video en anglais)

M. Addison a souligné l’importance de la diffusion de l’information, de la connaissance et des différentes approches communicatives pour faire face aux conséquences du changement climatique. Les conclusions du ‘Brussels Development Briefings’ sont justement accessibles à un nombre important de personnes grâce au blog, aux vidéos, aux newsfeeds et aux présentations en ligne. Le nombre élevé de visites sur les liens des différentes présentations démontrent que la disponibilité d’une telle information est un excellent instrument d’impliquer davantage de parties prenantes et d’impliquer toute personne intéressée dans les discussions.

Pour Mme Ndiaye [écouter l’interview], les messages les plus importants ont été: en premier lieu, que l’adaptation est encore possible, et sans couts élevés. En second lieu, l’adaptation doit être liée à la réalité locale, c’est pourquoi les décideurs locaux doivent êtres davantage impliqués. Afin de rejoindre ces parties prenantes locales, l’information doit être synthétique et de qualité. En outre les instruments de communication, comme la vidéo ou la radio locale, doivent diffuser plus efficacement ces messages.

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Des technologies simples mais efficaces

février 18, 2008

Lors du 4ème Briefing de Bruxelles sur le développement, Mme Rachel Berger (Practical Action) a présenté un aperçu significatif sur le développement et l’implémentation des stratégies d’adaptation au changement climatique. Mme Berger a présenté des expériences concrètes de Practical Action caractérisées par un bas apport de technologies dans des projets concernant l’agriculture.

Les technologies en question sont une combinaison d’instruments, expériences et connaissances. Une adaptation efficace au changement climatique doit se fonder sur des cultures, valeurs et connaissances locales. Ainsi, un développement participatif doit toujours identifier les technologies appropriées au contexte local et aux péculiarités des peuples. C’est pourquoi les technologies ne sont pas nécessairement adaptables d’un pays ou d’un continent à l’autre. Selon Mme Berger il n’existe par une même réponse pour chaque type d’adaptation.

Ceci est le point de départ du travail de Practical Action dans les pays en voie de développement. Deux exemples de technologies locales adaptées aux modifications environnementales illustrent cette approche.

Afin de faire face au besoin de technologies tout en préservant l’eau dans un pays semi-aride comme le Zimbabwe, Practical Action a participé à la construction de citernes afin de récupérer l’eau de pluie. Au Kenya, les sécheresses sont devenues plus fréquentes et de longue durée, et par conséquent Practical Action a aidé les communautés locales à augmenter la disponibilité de grain de maïs et d’autres cultures résistant à la sécheresse comme le millet et le sorgho.

Dénonçant le fait que “la plupart des ressources actuellement sont destinées à un réseau de large échelle, les haut coûts technologiques ne bénéficieront qu’à un 30% de pauvres et à leurs systèmes agricoles,” elle a plaidé pour une plus ample promotion de technologies adaptées localement au lieu de dépenser des ressources sur la recherche dans la haute technologie comme celle représentée par les OGM.

“Afin que l’agriculture rurale puisse faire face de façon efficace au changement climatique, il est nécessaire d’orienter les fonds vers les besoins réels du terrain sur une large échelle et sur la base de technologies pertinentes, appropriées et soutenables.”

(video en anglais)

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Les petits producteurs face au REDD

février 17, 2008

Prenant la parole lors du 4ème Briefing de Bruxelles sur le développement, Leo Peskett (ODI) a présenté le mécanisme ‘Reduce Emissions from Deforestation and Degradation’ (Réduction d’émissions issues de la déforestation et de la dégradation tropicale, REDD). REDD offre un important potentiel pour préserver l’environnement et le développement, bien qu’il ne garantisse pas que les petits producteurs bénéficient des ressources financières.

Près de 20% des émissions de gaz carbonique proviennent de la déforestation et de la dégradation tropicale. Ceci a incité les Nations Unies à prendre en considération un nouveau mécanisme de compensation des paiements aux pays tropicaux afin de les encourager à conserver leurs eaux de pluie. Selon ce plan, les pays en développement devraient réduire la déforestation et la dégradation tropicale à travers des politiques et des mesures concrètes come l’intensification de l’agriculture ou la gestion durable de forêts en échange de paiements provenant des pays industrialisés. REDD pourrait apporter de nouveaux flux financiers significatifs en faveur des pays en développement, entre 2,2 et 13,5 milliards de dollars par an selon une estimation.

Toutefois, REDD est un programme politiquement complexe. Tout comme le Clean Development Mechanism (CDM), il peut être considéré d’une part comme une excuse de la part des pays en développement de ne pas réduire leurs émissions dans leurs propres pays, d’autre part comme une façon de ‘compenser’ les pays avec de faibles performances environnementales.

M. Peskett a souligné les bénéfices de ce mécanisme pour les petits producteurs ruraux, demandant comment les flux financiers peuvent être réellement acheminés vers les petits producteurs et non bloqués par les élites.

(video en anglais)

Bien que les petits producteurs puissent potentiellement bénéficier de paiements financiers directs et indirects en termes de croissance, REDD présente quelques faiblesses, tout comme le CDM. Les complexes accords institutionnels, les hauts coûts de transaction et l’asymétrie de l’information pourraient mettre les petits producteurs sur un plan de désavantage. En outre, les investisseurs ont la tendance à financer uniquement les terrains où les droits des terres sont bien définis. Ainsi il y a peu de probabilité que les régions plus pauvres et instables puissent profiter réellement des projets REDD.

En conclusion, M. Peskett a affirmé qu’il faut défendre le processus qui favorise l’accès des petits producteurs ruraux aux fonds auxquels ils ont droit, «ce qui inclut un support juridique et financier ». De cette manière, REDD pourra réellement être ‘en faveur des pauvres’ et changer l’économie politique du secteur forestier dans les pays en développement.
Voir la présentation.

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‘Food miles’ ou éradication de la pauvreté?

février 17, 2008

M. Benito Müller (Oxford Institute for Energy Studies) a présenté le concept de ‘food miles’ lors du 4ème Briefing de Bruxelles sur le développement. Différemment des autres intervenants, qui ont souligné davantage de bénéfices potentiels des politiques d’adaptation au changement climatique pour les pays en voie de développement, M. Müller a souligné que les politiques environnementales peuvent nuire au développement, critiquant fortement les ‘food miles’, exemple d’une politique environnementale pouvant contraster avec les efforts mis en place pour le développement.

Les citoyens, tout comme les organisations professionnelles, sont fortement encouragés à consommer des produits locaux plutôt que d’acheter des produits non compatibles avec l’environnement. Par exemple, les fraises importées de pays comme le Kenya sont devenues un cas typique de ‘produit à haute emprunte carbonique’ que le consommateur responsable devrait éviter. Certains supermarchés au Royaume-Uni ont introduit un label de production ad hoc invitant à consommer les produits locaux; dans certains cas ils ont cessé d’acheter des fleurs poussées au Kenya. Ceci a bien sûr provoqué de très fortes réactions de la part des pays comme le Kenya, préoccupés pour les conséquences qu’un tel comportement pourrait provoquer.

M. Müller a fortement critiqué cette pratique. En premier lieu, le concept de ‘food miles’ est un indicateur simplifié des conséquences du changement climatique. De simples distances ne sont pas les seuls facteurs qui influencent l’impact du changement climatique sur l’alimentation. Quand on regarde au cycle entier d’un produit, les fleurs poussées au Kenya ont une émission de carbone plus basse que les fleurs qui croissent dans les serres réchauffées et illuminées aux Pays-Bas, même en y incluant les émissions de gaz liées au transport. Les “Food miles”, a affirmé M. Müller, “sont malheureusement inadéquats comme mesure de l’impact du changement climatique sur les produits de l’agriculture. Ce qui est nécessaire est plutôt une analyse des émissions de carbone du cycle de production dans son ensemble”.

En second lieu, les dommages causées aux pays pauvres par le boycottage de leurs produits est significatif. Selon une recherche, un million de foyers au Kenya sont en partie dépendants du commerce de produits frais rien qu’avec le Royaume-Uni. La production destinée au Royaume-Uni a apporté pas moins de 100 millions de pounds par an au Kenya.
En troisième lieu, M. Müller a défini le concept de ‘food miles’ comme un terme hypocrite, du moment qu’il est appliqué uniquement à des produits alimentaires de base et non pas par exemple à des biens comme les ordinateurs ou les voitures.

Enfin, il est injuste de punir les pays en voie de développement. Les exportateurs de taille sont les pays les plus pauvres mais aussi les moins polluants. “Ils sous-utilisent ce que nous surutilisons”, a souligné M. Müller.

(video en anglais)

Des solutions réalisables face au dilemme des ‘food miles’ existent. La finance publique pourrait compenser les émissions de gaz à effet de serre produits par le transport international pour les importations de fruits et légumes depuis les pays les plus pauvres. Les projets du ‘Clean Development Mechanism’ dans ces pays pourraient représenter une mesure adéquate. Un label transparent et équitable pourrait aider le consommateur à prendre en compte d’une part les compensations de carbone et de l’autre les bénéfices du développement. Le label ‘croissance sous le soleil’ proposé par la ‘Kenyan High Commission’ pourrait représenter une façon de mettre en évidence les effets de l’éradication de la pauvreté. Enfin, les pays consommateurs devraient encourager une transition vers un système de transport moins riche en carbone, par exemple en améliorant les capacités de transport maritime, afin de rendre possible le commerce par voie maritime.

Dans sa conclusion, M. Müller a souligné que “manger des fraises du Kenya à Noel n’est pas un plaisir duquel se sentir coupable, mais une obligation morale”!

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Le commerce comme réponse au changement climatique

février 16, 2008

Lors du 4ème Briefing de Bruxelles sur le développement, M. Melendez-Ortiz (ICTSD) a décrit le potentiel que représente le commerce dans la lutte contre les effets du changement climatique.

“En Afrique”, selon M. Melendez-Ortiz, “le coût de l’adaptation au changement climatique représentera au moins 5-10% du PNB d’ici 2080”. Comment peut-on tirer profit du commerce afin d’éviter les importants coûts du changement climatique en Afrique? Une politique commerciale renforçant l’accès au marché pour les produits de l’agriculture permettrait, par exemple, de freiner le réchauffement planétaire et ses coûts.

Selon M. Melendez-Ortiz, les biocarburants représentent un premier exemple d’une commodité qui peut apporter de tels bénéfices sur le climat. Ils offrent en effet un potentiel d’exportation significatif pour certaines régions ACP. Toutefois, à eux seuls ils ne régleront pas la question du changement climatique, mais ils peuvent apporter une contribution afin de réduire les émissions à effet de serre. Malgré les préoccupations concernant la sécurité alimentaire et l’augmentation des prix des denrées alimentaires due à la culture de biomasse dans les pays en voie de développement, il n’est pas prouvé que les biocarburants soient la cause de l’augmentation des prix alimentaires.

M. Melendez-Ortez a reconnu que les mesures de libéralisation commerciale doivent toujours être accompagnées par d’autres politiques d’intervention comme l’assistance technique ou le transfert de technologie. “La libéralisation commerciale toute seule ne pourrait être suffisante pour promouvoir l’adoption de technologies sans nuire climat”, a-t-il conclu.

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ENDA encourage le développement des capacités pour faire face au changement climatique

février 16, 2008

Mme Isabelle Niang (Programme Energie Développement Environnement, ENDA) a présenté des exemples très concrets sur comment le développement des capacités et la promotion de l’information dans les pays ACP peuvent faire face aux conséquences du changement climatique.

S’exprimant lors du 4ème Briefing sur le Développement rural à Bruxelles, Mme Niang a indiqué que les communautés locales dans les pays en développement ont des capacités très limitées de faire face au changement climatique. Les ressources humaines, techniques, financières et informatives sont limitées. ENDA s’efforce de développer et renforcer ces capacités à différents niveaux de la société. Les instruments utilisés incluent des modules de formation, des vidéos, un programme de suivi, un guide pour les preneurs de décision sur le terrain et une aide en faveur des négociateurs africains à la CCNUCC.

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