Pauvreté paysanne, sous-alimentation et avenir de l’humanité

Si pour être durable, le développement doit à la fois subvenir aux besoins présents de l’humanité et créer les conditions, écologiques, économiques, sociales, culturelles et politiques, nécessaires pour subvenir à ses besoins futurs, alors il est clair que le développement agricole des dernières décennies, qui ne subvient pas aux besoins alimentaires présents de toute l’humanité, sans pour autant créer les conditions nécessaires pour subvenir à ses besoins futurs, ne peut être considéré comme durable.A cet égard, les Objectifs du millénaire pour le développement, adoptés en l’an 2000, par la quasi-totalité des chefs d’État et de gouvernement, qui visent à réduire de moitié la pauvreté et la sous-alimentation dans le monde, pour 2015 au plus tard, témoignent d’une prise de conscience universelle et salutaire du caractère inacceptable de la situation agricole et alimentaire mondiale actuelle. .

Mais on sait déjà, dans les institutions concernées, que cet objectif sera loin d’être atteint en 2015. Et il parait convenu de considérer cet échec comme un simple retard, qui serait dû au fait que les moyens engagés pour y remédier ont été inférieurs aux moyens prévus et assez mal utilisés, et d’en conclure qu’il suffirait de les accroître et de les mieux gérer, pour atteindre ultérieurement cet objectif. Nombreuses, cependant, sont les personnes qui, à l’intérieur de ces institutions ou en dehors d’elles, ne partagent pas cette vision, qui se veut rassurante, des choses.

Nous pensons que la gravité de la situation a été, au fond, sous-estimée, que ses véritables causes n’ont pas été clairement reconnues et que les remèdes conventionnels, prévus pour atténuer la pauvreté et la sous-alimentation, qui ne sont pas de nature à en réduire les causes, seront toujours insuffisants.

Pour atteindre les objectifs déclarés il faut en effet commencer par répondre aux questions suivantes : Quelle est l’étendue des insuffisances agricoles et alimentaires présentes ? Quelles en sont les causes? Les conséquences ? Les perspectives ? Quelles propositions de politiques peut-on faire pour y remédier durablement ?

Lire le texte intégral des remarques de M. Marcel Mazoyer – Professeur à l’Institut national agronomique Paris-Grignon : Intervention de M. Mazoyer

Une réponse à Pauvreté paysanne, sous-alimentation et avenir de l’humanité

  1. DIARRA Mama dit :

    La pauvreté paysanne et la faim sont dues au capitalisme sauvage concentrant la richesse en un pole. Il est inconcevable d’acheter le kilogramme de riz a plus de 350 Fcfa alors que le potentiel de mise en valeur des terres à l’Office du Niger est estimé à plus d’un million d’hectare grâce au système d’irrigation du barrage de Markala. La formation, la subvention des intrants agricoles, la lutte contre la détérioration des termes de l’échange sont des points à voir et à améliorer. Merci.

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